Ecologie, féminisme, etc.
Lors du convoyage de mon voilier Coccinelle entre la Polynésie et le Nord de la Bretagne, j'ai fait escale à Djibouti. La deuxième partie de ce texte n'avait peut-être pas sa place dans le blog de Coccinelle, aussi je le mets ici en ligne.
Djibouti et Somalie : les pays où sur terre l'excision est le plus pratiquée.
Les pays dans la région de la corne de l'Afrique sont ceux où l'excision est la plus pratiquée dans le monde. L'excision est une MGF, Mutilation Génitale Féminine. Ainsi ce sont à Djibouti 98% des filles qui subissent cette mutilation intime, 74% en Éthiopie, 98% en Somalie, 89% en Érythrée, 96% en Égypte, 90% au Soudan. J'espère que vous êtes prêts à du sordide, parce que c'est du lourd. L'excision consiste selon les cas à retirer aux petites filles, avant l'âge de 5 ans, tout ou partie du clitoris, ou même les petites lèvres.
L'OMS distingue 4 types de mutilations génitales.
La clitoridectomie : ablation totale ou partielle du clitoris.
L'excision : idem, avec en prime l'ablation des petites lèvres, celle des grandes étant une option.
L'infibulation consiste à accoler les petites lèvres (si si) pour empêcher l'intrusion d'un sexe masculin. Dans ces cas là les bourreaux qui s'ignorent peuvent ne pas toucher le clitoris.
Le quatrième type de mutilation reprenant toutes celles qui ne sont pas répertoriées précédemment.
Au jour d'aujourd'hui, selon l'UNICEF (je prends toujours les données des ONG avec des pincettes, elles sont forcément orientées voire militantes, même les organismes rattachés à l'ONU), ce sont 230 millions de personnes de sexe féminin dans 96 pays qui vivent marquées à jamais dans une détresse psychologique avec conséquences sur la sexualité, l'accouchement, uriner, les règles, et un accès quasiment impossible au plaisir. Plus tard pour les petites filles qui arrivent à la puberté, de gros problèmes vont surgir, qui vont durer toute leur vie. Comment cette pratique barbare ancestrale peut-elle encore durer ? La pratique, criminelle, est interdite à ma connaissance dans tous les pays du monde, même si en 2024 la Gambie a proposé un texte de loi dépénalisant la pratique des Mutilation Génitales Féminines. Pour sauver la vie de ces femmes (car cette pratique leur interdit d'être véritablement vivantes), la plupart de ceux qui s'y intéressent préconisent d'effectuer un gros travail d'information auprès des populations concernées.
A chacune, ou chacun, son combat. Car pendant ce temps dans nos pays occidentaux certaines ou certains féministes au péril de leur vie dénoncent ce patriarcat qui étouffe les femmes, moins présentes dans les conseils d'administration que les hommes, et donc touchant moins de jetons de présence, etc. Car pour les fonctionnaires, tous ceux qui sont encore payés au minimum, femmes ou hommes, il n'y a pas de différences, mis à part entre autre les temps partiels. Tous restent au ras des pâquerettes. D'autres comme dans les pays francophones se battent pour imposer l'écriture inclusive, que je considère comme étant une véritable insulte à la langue française. J'aimais bien le 'toutes et tous', qui a été remplacé par un charivari dans lequel chacun écrit ce qu'il veut, et qui rend complètement incompréhensible le langage parlé, qu'il faut bien adapter au langage écrit. Et cette nouvelle orthographe qui se veut inclusive dans les faits relègue encore un peu plus tous ceux qui ont déjà des difficultés avec l'orthographe, une part non négligeable de la population francophone. La langue française est déjà suffisamment difficile. Alors oui cette écriture est inclusive, mais pour une minorité de la population, éduquée, diplômée, accentuant encore un peu plus les différences entre les différentes couches de la société. Avec comme résultat (mais il y a bien entendu d'autres causes) l'arrivée prochaine et désormais quasi inéluctable du Rassemblement National, parti d'extrême droite, au pouvoir en France. Avec un peu de chance on devrait échapper à un Président de la République d'extrême droite. Allez donc expliquer à un réfugié Afghan qui a déjà bien du mal à assimiler les bases des subtilité de la langue française, qu'il faut en plus intégrer cette novlangue.
L'agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme estime (chiffres INSEE) (www.anlci.gouv.fr) dans son dernier rapport (file:///C:/Users/gille/Downloads/ANLCI-Nouvelle-photographie_201124.pdf) estime qu'en France un adulte sur 10 (soit environ 7 millions de personnes) est en forte difficulté. Quatre pourcent des personnes âgées de 18 à 64 ans ayant débuté leur scolarité en France peuvent être considérées en situation d’illettrisme. Cela représente 1.400.000 personnes.
Je finance mes voyages en louant des logements que je construits de A à Z. Ils sont situés en milieu rural, aux fins fonds des Côtes d'Armor, avec une majorité d'ouvriers travaillant dans l'industrie agro alimentaire. Pour faire simple, dans les abattoirs. A chaque fois que je poste une annonce pour louer un logement, je pense pouvoir affirmer sans exagération aucune que plus de la moitié des personnes qui répondent sont incapables d'aligner 5 mots sans la moindre faute. L'écriture st même parfois phonétique. Alors de là à leur parler d'écriture inclusive...l
Nos sociétés occidentales ont pour certains, et notamment les élites aisées, citadines et éduquées, atteint un tel niveau de confort et de sécurité, notamment financière (même si les choses se sont nettement dégradées avec l'arrivée du Covid, de la guerre en Ukraine, et l'attaque du Hamas en Israël et ses conséquences), que l'on se focalise souvent sur des problèmes de riches, bien souvent secondaires par rapport à ceux qui se battent pour leur survie et qui ont pour objectif principal de boucler leur fin de mois. C'était mon premier quart d'heure réac.
La vie d'un dauphin compte plus que celle d'un jeune migrant.
Cette année encore, en début d'année, durant un mois, la pêche a été interdite dans le golfe de Gascogne, pour empêcher la prise accidentelle de dauphins. Selon un rapport de Pelagis, émanation du CNRS, datant de 2022, entre 5.000 et 10.000 dauphins meurent chaque année dans Gascogne, dans des prises accidentelles, et l'interdiction de la pêche aurait pour effet de diminuer ce chiffre par 4. Soit le sauvetage de la vie de dauphins, entre 1.500 et 2.500 individus. Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec les 10.400 humains morts ou disparus en mer alors qu'ils tentaient de rejoindre les îles Canaries depuis les côtes Ouest Africaines en 2024. Contre 6.000 en 2023. Parmi lesquels 421 femmes et 1538 enfants. Soit 30 morts par jour. La Méditerranée est moins touchée par ces disparitions, grâce notamment à la présence de navires armés par des ONG, telle MSF. Sur cette même période, près de 44.000 ont réussi à débarquer saints et sauf aux Canaries. Si ces femmes et ces hommes sont à priori eux aussi tous des mammifères, ils ont aussi à leur décharge un gros handicap, ils sont souvent noirs, ou musulmans, ou les deux. Ils ne sont pas nés au bon endroit. Le coût de cette interdiction de la pêche dans Gascogne va de 20 M€ selon le gouvernement français, et entre 35 et 50 M€ selon certains pêcheurs. Faisons une cote mal taillée, disons 30 millions d'€. Nous mettons bien plus d'argent dans la protection des dauphins (je ne dis pas qu'il ne faut pas protéger les dauphins, je les aime bien quand ils viennent sauter devant l'étrave de mon bateau. Le dauphin, c'est le cadeau des marins). Mais il y a un tel décalage entre ces moyens investis pour les uns, et ceux miséreux pour les autres, tous ces jeunes gens dont le seul tort est d'être nés là où ils sont nés. Et qui n'aspirent qu'à une chose, vivre une vie meilleure. Nous ne réalisons pas assez nous autres Occidentaux d'avoir cette chance inouïe d'aller où bon nous semble, avec ou sans visa, quand tant d'autres ne peuvent que croupir là où ils sont nés. Lors de cette navigation en Méditerranée, nous y avons pensé chaque jour, notre crainte de se retrouver nez à nez avec des embarcations surchargées de migrants. J'ai dû l'écrire déjà, dans les années 2000, alors que je naviguais de nuit dans les parages de Gibraltar, un jour sans vent, un bateau de migrants était passé quelques mètres devant nous. C'était arrivé aussi à Groupama 3, et l'embarcation était passée sous le flotteur au vent ! Récemment, c'est un Multi 50 qui en a fait l'expérience dans ces mêmes parages du détroit de Gibraltar. En 2005, alors que nous naviguions sur la Gambie, nous avions assisté au départ, alors qu'elle descendait le fleuve, d'une pirogue de pêche, longue d'une vingtaine de mètres, chargée de dizaines et de dizaines de personnes, en route vers leur destin.
C'était mon deuxième quart d'heure réac.
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